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Mastaba

La tombe classique de l’Ancien Empire, dans la première moitié du IIIe millénaire av. J.-C., est une construction rectangulaire massive, à la façade légèrement inclinée; cette apparence lui a valu le nom de mastaba- terme arabe qui désigne une banquette et, par extension, ce type de tombeau-, appellation adoptée par l’égyptologie.

Monument idéalement deux fois plus long que large et orienté nord-sud, il porte deux ouvertures dans son mur oriental, qui est la façade principale. L’une, au sud, donne sur une petite chapelle intérieure; l’autre, au nord, est une simple niche extérieure. La première est précédée, hors mastaba, par un bâtiment comportant plusieurs pièces, qui, magasin excepté, n’ont d’autre fonction que d’introduire le visiteur, par un trajet volontairement compliqué, dans l’espace sacré de la chapelle.

Le mastaba el-Faraoun est le nom donné par les Égyptiens contemporains au tombeau de Chepseskaf dernier souverain de la IVᵉ dynastie

À l’intérieur de celle-ci, le mur occidental, version réduite de la façade principale du mastaba, est à nouveau percé de deux portes, factices dans les deux cas. Ce sont des niches profondes à l’origine, à un ou deux rentrants symétriques, qui font partie de la maçonnerie de briques ou de pierre de la chapelle. Elles se muent par la suite en « fausses portes », monuments d’apparence similaire mais aux rentrants peu profonds; généralement monolithiques, ces portes sont indépendantes de l’architecture et plaquées contre la paroi (toujours ouest) de la salle d’offrandes.

Cette architecture funéraire classique prend forme à la 3e dynastie, pour s’installer à la 4e, à l’époque des grandes pyramides de Giza; on lui connaît des antécédents à la fin de la 1er dynastie et à la 2e dynastie, avec une ou deux niches, extérieures ou protégées par une chapelle-couloir, et des ancêtres nés au début de la 1re dynastie, avec une façade entièrement rythmée par des niches, sans lieu de culte bien défini … sans compter de nombreux types intermédiaires. Dans tous les cas, ces banquettes recouvrent des appartements funéraires, d’abord installés dans une fosse à ciel ouvert (1er dynastie), puis creusés en galerie par une descenderie (2e et 3e dynasties) , enfin accessibles depuis un puits vertical profond (3e dynastie).

Cette évolution s’accompagne d’une réduction radicale du nombre de pièces, passant du véritable complexe à un simple caveau. Là encore, les types sont nombreux et des formules diverses coexistent à la même époque: le développement n’est pas historiquement linéaire, mais prend en compte d’importantes variables géographiques, sociales et même personnelles, la tombe ayant une importante dimension « biographique » en Égypte.