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Pyramide du pharaon Djéser

Le type le plus ancien de ces grands tombeaux est celui de la pyramide à degrés conçu par l’architecte Imhotep pour le pharaon Djéser. Elle fut construite à Saqqarah, la nécropole de Memphis, peu après 2630 avant J .-C. et elle apparaît comme le plus ancien édifice au monde construit en pierres et possédant de telles dimensions. Cette construction mesure un peu plus de 62 mètres de hauteur et n’est en fait qu’une superposition de six mastabas de plus en plus petits , surmontant un ensemble de galeries et de chambres funéraires souterraines. Imhotep tentait de traduire dans l’architecture une conception purement religieuse, la foi en la destinée solaire du pharaon, qui prenait pour la première fois le titre de « Horus d’or », et la pyramide à degrés figura probablement l’échelle par laquelle le pharaon accédait symboliquement au Ciel. En effet, la pyramide figurait sans doute l’escalier que les Textes des pyramides demandaient que l’on dressât afin de faciliter l’ascension de l’âme du roi défunt vers son père Rê. De plus, la forme pyramidale correspondait à la forme du faisceau lumineux issue du soleil. Enfin, l’utilisation de la pierre, correspondait au désir d’exprimer l’idée d’immortalité de la royauté. A cette fin, il lui fallait construire une « demeure d’éternité » indestructible.

Cet immense complexe funéraire en calcaire blond était entouré d’une vaste enceinte rythmée de niches. Cette muraille d’une dizaine de mètres de haut s’étendait sur plus de deux kilomètres. 14 fausses portes semblaient en indiquer l’entrée, mais une seule l’autorisait, à l’est, très près de l’angle sud. Elle donnait sur le long couloir d’une salle couverte bordée d’une colonnade dont les fûts cannelés étaient une traduction dans la pierre des bottes de roseaux qui entouraient les piliers des maisons prédynastiques. Ce couloir menait à un autre bâtiment proche de l’entrée qui était la réplique en pierre des pavillons construits pour la célébration du hebseb, une fête qui remontait à la préhistoire et qui avait pour fonction de restaurer tous les trente ans la puissance magique du pharaon. Sa réalisation en pierre garantissait que Djéser assisterait bien à ses jubilés dans sa vie future. Une chambre close, serdab, située près de l’angle nord-ouest de la pyramide, renfermait la statue assise de Djéser, la première grande statue royale en pierre qu’on ait connue en Egypte.

Imhotep: Architecte

jardin-tombe-thebaine

Jardin agrémenté de petits étangs, figurant dans une tombe thébaine.

Imhotep avait d’abord érigé un grand mastaba classique de 71 mètres de côté, un lit continu horizontal de pierres remplaçant le massif de briques d’autrefois; puis le mastaba fut prolongé de 8,40 mètres vers l’est pour y incorporer une rangée de puits d’accès à des tombes d’enfants royaux avant que l’idée lui vînt de construire une pyramide à degrés dont la taille s’accrut à plusieurs reprises, à quatre puis à six degrés. Avec quatre degrés, la pyramide s’élevait à une quarantaine de mètres de hauteur et à six, elle atteignait sa hauteur définitive de soixante mètres. La base fut élargie à chaque fois, d’abord dans le sens est-ouest puis dans le sens nord-ouest, avant de se limiter à 109 mètres sur 121. Une caractéristique des pyramides à degrés de cette époque est l’inclinaison des tranches de maçonnerie vers l’intérieur du monument, ce qui lui donnait une grande stabilité, et non un empilement horizontal des blocs comme dans le mastaba de la base.

Comme toutes les pyramides primitives datant de la IIIe dynastie, celle de Djéser a sa chambre funéraire au-dessous du niveau du sol, en bas d’un puits vertical. Elle était atteinte par un large puits de 7 mètres de côté et 28 mètres de profondeur. Le plafond du caveau était obturé par un bouchon cylindrique pesant plus de trois tonnes, qui fut cependant forcé par des pilleurs de sépultures. Une descenderie issue du temple funéraire situé au nord de la pyramide donnait accès à la chambre de manoeuvre surplombant la chambre funéraire et aux salles destinées au ka du pharaon et au mobilier funéraire. Certaines de ces salles étaient revêtues de faïences bleues, de simulacres peints de portes et de fenêtres afin de satisfaire le ka du pharaon en restituant dans la pierre l’apparence exacte des résidences royales terrestres. Ainsi, les bases de colonnes peintes en noir évoquaient les peaux dont on les ceinturait pour les protéger et les faïences bleues évoquaient en trompe-l’oeil les murs en vannerie.

 

 

Des ouvertures laissaient encore voir des bas-reliefs montrant le roi accomplissant des actes rituels. Des pièces inviolées ont livré également des milliers de vases en albâtre et en pierres dures dont certains étaient marqués de cartouches royaux. Ils étaient là probablement pour être mis à la disposition du ka de tous les habitants de la Résidence demeurant auprès de leur souverain pour le servir dans cette nouvelle vie.

 

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Statue du roi Djéser en calcaire peint.

 

Un second tombeau pour le roi fut préparé dans l’épaisseur du mur d’enceinte sud; ce mastaba comportait, lui aussi, un caveau et un appartement du ka avec le même type de décor que la chambre funéraire de la pyramide. Des modifications furent enfin apportées à la structure souterraine, lorsque des caveaux supplémentaires furent ajoutés dans le but d’accueillir des membres de la famille royale.