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Le système d’Hermopolis

La ville d’Hermopolis aujourd’hui  Achmounein, a environ 300Km au sud du Caire, qui était la capitale du 15eme none de haute Egypte, a élaboré sa propre cosmogonie de huit dieux primordiaux. Selon Christiane Zivie-Coche, directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes :

(…) l’Ogdoade, les Huit ou Khemenyou, n’était pas attestée dans la documentation avant la XVIIIe dynastie, dans une inscription d’Hatchepsout au Speos Artemidos, contrairement aux allégations qui font remonter ce collège divin au Moyen Empire, voire à l’Ancien Empire.

A l’inverse de la cosmogonie héliopolitaine, le soleil n’y est pas le premier mais le dernier maillon de la chaine. Le point de départ reste cependant le même même : un chaos liquide incréé, dans lequel s’ébattent quatre couple de grenouilles et de serpents (4 dieux à tête de serpent et 4 déesses à tête de grenouille, comme on peut le voir au Temple d’Hibis) qui assemblent leur force pour créer et déposer un œuf sur une butte émergeant hors de l’eau.

 

Ogdoade

Les divinités de l’Ogdoade sur le temple d’Hibis

 

Ses couples sont chacun composé d’un élément et de sa parèdre : Moun et Naunet, l’océan primordial qu’Héliopolis intègre, comme nous l’avons vu dans son propre système, Heh et Héhet, l’eau qui cherche sa voie, Kékou et Kéket, l’obscurité et, enfin Amon, le dieu caché et sa parèdre Amaunet.

Par la suite, lorsque le dernier élément de l’ogdoade, Amon deviendra le dieu dynastique, le clergé thébain se chargera de reconstitué une famille au schéma plus humain, assurant, comme celle d’Héliopolis la transition entre la création et le règne humain.

 

Le système héliopolitain et hermopolitain, ainsi que les grandes mythes populaires comme celui d’Osiris, présentant des éléments tirés du substrat profond de la civilisation dont certains ont des résonances dans les civilisations africaines.

Anubis rappel le chacal incestueux au rôle prométhéen antérieur aux Nommos chez les Dogons du Mali, dont la cosmogonie repose également sur huit dieux fondateurs.

On pourrait d’ailleurs, multipliés ce type de rapprochements : Amon est, ici comme là, le bélier d’or céleste, au front orné de cornes-crochet et d’une calebasse évoquant le disque solaire ; Osiris rappelle le lébé, dont la résurrection est annoncée par la repousse du Nil tandis que, plus profondément encore et au-delà du verbe créateur, l’individu est composé d’une âme et d’une énergie vitale que les Egyptiens appelaient ba et ka.

 

Sources :

– Christiane ZIVIE-COCHE, « Religion de l’Égypte ancienne », Annuaire de l’École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses , 115 | 2008 , [En ligne], mis en ligne le 20 octobre 2008. URL : http://asr.revues.org/index153.html. Consulté le 08 novembre 2011.

– Norman de GARIS DAVIES (dir.), The Temple of Hibis in El Khargeh Oasis, III – Décoration, publié par le Metropolitan Museum of Art, New York, 1953.

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