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Nefertiti

Nefertiti, grande épouse royale d’Amenhotep IV

La jeunesse du roi Amenhotep IV explique aussi, sans doute, qu’on ne lui connaisse pas d’épouse avant la fin de l’an III ou le début de l’an IV. L’apparition de Nefertiti aux côtés d’ Amenhotep IV est contemporaine du jubilé. Sur les décors fragmentaires d’un des temples construits en l’an IV à l’est de Karnak, on voit des danses en l’honneur de la déesse Hathor exécutées lors de la fête du jubilé ordonnée par le roi. Ces danses évoquent la passion mémorable de la déesse Hathor et du dieu solaire Rê.

C’est un thème littéraire- et non théologique presque obligé lorsque l’on veut exalter l’amour humain. De même que les amours de Mars et Vénus sont à la Renaissance le parangon de l’amour parfait, celles de Rê et Hathor sont le modèle convenu pour l’idéal amoureux des Égyptiens anciens. Ces représentations sont, selon toute probabilité, destinées à évoquer la célébration des noces du jeune roi. Par ailleurs, l’aînée des princesses, Merytaton, naît vers l’an IV et la seconde, Maketaton, en l’an V. La fertilité du couple étant incontestable, il est raisonnable de penser que le premier enfant est né environ une année après leur union. On ne sait rien des origines de Nefertiti. Les hypothèses suggérant qu’elle est de souche étrangère du fait que son nom signifie « La belle est venue » sont sans fondement.

Nourrice

Il est avéré que sa nourrice, la dame Tey, est une Égyptienne des environs d’ Akhmîm et il est très probable que, comme sa belle-mère Tiyi, elle soit originaire du IXe nome de Haute-Égypte. Le seul autre membre connu de sa famille est une soeur cadette, nommée Beneretmout -nom tout ce qu’il y a de plus égyptien-, qui n’est plus figurée après l’an XIV du règne d’Amenhotep IV-Akhenaton. Nefertiti doit être de la même génération que son époux et, si l’on admet qu’Amenhotep IV a 13-14 ans au passage de l’an III à l’an IV de son règne, elle doit avoir approximativement le même âge. Si l’on s’en tient aux représentations du couple royal, Akhenaton et Nefertiti sont visiblement très amoureux. Cette passion, montrée ostensiblement, et la tendre sensualité qui l’accompagne sont uniques dans l’histoire égyptienne.

Les enfants

Le couple eut six filles et, probablement, un fils. Après Merytaton, l’aînée – la plus fréquemment représentée notamment à Karnak-, et Maketaton, la troisième fille, Ânkhesenpaaton, naît vers la fin de l’an VI ou au début de l’an VII. C’est la dernière princesse citée sur les monuments thébains.

 

Buste de Nefertiti

Bien que retrouvé à Tell el-Amarna dans l’atelier du sculpteur Thoutmosis, le fameux buste de Nefertiti a été vraisemblablement sculpté à Thèbes. La maigreur du visage s’accorde en effet davantage avec le style thébain réaliste qu’avec l’art outrancier de Tell el-Amarna à ses débuts. Comme le portrait du jeune Amenhotep IV retrouvé au même endroit, il s’agit d’une oeuvre transportée de Thèbes à Tell el-Amarna à titre de modèle, ainsi que l’attestent l’oeil gauche non incrusté ou encore la taille en buste – un genre qui n’existe pas dans l’art égyptien. L’originalité de la tiare, qui semble indiquer un statut presque équivalent à celui du roi, comme la perfection et la régularité des traits font de cette oeuvre le symbole de la beauté antique. La pièce, retrouvée en 1912 par l’archéologue allemand Ludwig Borchardt et dont l’exportation en Allemagne reste, aujourd’hui encore, très controversée, a été exposée au public après la Première Guerre mondiale. La sculpture crée la stupéfaction: la coïncidence entre les canons de beauté contemporains et le modèle antique, la qualité du modelé en font rapidement une oeuvre universellement connue.