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Les premiers egyptologues

Savants et érudits, dans le sillage de Bonaparte, tombèrent sur le pays comme une ultime plaie d’Égypte, dans une frénésie de quadrillage, d’exhumation et, pire que tout, de spoliation. Le résultat fut un inextricable imbroglio de recherches archéologiques et de chasse au trésor.

Parmi les premiers égyptologues, nous trouvons Bernardino Drovetti et Henry Salt, respectivement consuls de France et de Grande-Bretagne en Égypte, dans les années 1820. À couteaux tirés, ces deux personnages officiels conclurent un gentleman’s agreement au terme duquel la rive occidentale du Nil serait chasse gardée de la Grande-Bretagne et sa rive orientale celle de la France (bien que pour des sites de particulière importance, la règle du « premier arrivé, premier servi » ait largement prévalu). L’un et l’autre accumulèrent une masse considérable de pièces de collection mais leurs méthodes s’éloignaient fort de l’orthodoxie archéologique.

Bernardino Drovett

Bernardino Drovett

 

Un des agents de Salt, un Italien du nom de Giovanni Battista Belzoni, raconte qu’un jour il pénétra dans une tombe remplie de momies. S’étant frayé un chemin au milieu de la poussière, il décida de s’arrêter un instant.
« Mais, raconte-t-il, dès que je m’assis sur un de ces Égyptiens, celui-ci s’affaissa comme un carton à chapeaux.J’eus aussitôt recours à mes deux mains pour me rattraper mais ne trouvai guère plus d’appui. Je m’effondrai au beau milieu des momies dans un capharnaüm d’ossements brisés, de lambeaux de tissu et de vieilles planches brisées, soulevant une telle poussière quelle me contraignit à l’immobilité la plus complète durant un bon quart d’heure, le temps que ce nuage retombe. »

Giovanni Battista Belzoni

Giovanni Battista Belzoni

 

Belzoni faisait partie de cette cohorte d’aventuriers œuvrant pour leur bien propre ou pour celui d’un employeur officiel et ce, sans le moindre égard pour la cause archéologique. D’authentiques égyptologues, pourtant mieux formés, méritèrent, eux, le surnom d’« archéologues-dynamite » car ils n’hésitaient pas à ouvrir les tombes récalcitrantes à coups d’explosifs.

En 1835, le gouvernement égyptien mit un terme aux déprédations les plus flagrantes en exigeant que tout chasseur de trésor soit muni d’une autorisation de fouilles, et en interdisant toute exportation illicite d’antiquités.
Bien que perfectibles, ces mesures simples gelèrent le déménagement pur et simple et l’exportation des œuvres d’art égyptiennes.

Dans ce nouvel état d’esprit, le travail des meilleurs égyptologues put enfin prendre toute sa mesure.
Des hommes tels que Sir John Wilkinson qui investit douze ans de sa vie et ses propres fonds assurèrent aux trésors égyptiens résurrection et respect.

 

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