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Le divorce dans l’egypte antique

Si une union restait stérile, l’homme pouvait prendre une concubine pour assurer sa descendance, mais ce n’était pas la règle, excepté à la Cour (Ramsès Il eut plus de 85 enfants de femmes dont on ignore le nombre exact ).

Il pouvait aussi demander le divorce, c’était relativement facile mais onéreux, en effet le mariage ne reposant que sur un arrangement – sans garantie juridique ou religieuse- il pouvait être dissout sans formalité. Une femme de Deir el Medineh fut répudiée au bout de 20 ans parce qu’elle était aveugle.

«Je le suis depuis vingt ans, pourquoi as-tu attendu pour divorcer ?»

demande- t-elle et porte plainte en justice contre son époux. Nous ne connaissons pas le dénouement de l’affaire.

Si la femme avait eu des enfants et qu’aucune faute ne pouvait lui être imputée, elle avait droit à un tiers de tous les biens acquis pendant la vie commune plus, naturellement, la dot qu’elle avait apportée. Des contrats de mariage du Nouvel Empire montrent que les pères prudents essayaient de garantir à l’avance les droits de leurs filles.

Des preuves que les femmes pouvaient aussi demander le divorce n’existent qu ‘à partir de 500 avant notre ère. Ce soutien était aussi valable dans l’au-delà, théoriquement du moins, la femme avait droit à une momification soignée et une place dans la tombe de son époux: sur de nombreuses peintures murales et stèles funéraires, elle est assise à côté de lui devant la table d’offrandes, contemplant avec satisfaction les dons qui garantissent la sur vie.

Mais si l’on en croit une étude des tombes des résidences de l’Ancien Empire, situées sur la rive occidentale du Nil près de Memphdivorce-union-egypteis, ce n’était pas la règle générale. Sur les 807 tombeaux recensés, 68 seulement appartenaient à des femmes, qui plus est presque toutes épouses et filles de rois.

Dans plus de la moitié des tombeaux appartenant à des hommes, aucun texte, aucune image ne fait mention d’une épouse, ce qui la condamne au pire des destins, l’oubli , qui est la mort véritable. La négligence des hommes sur ce plan a peut-être été moins prononcée à d ‘autres époques.

Pourtant même dans la tombe, le bon mari n’accorde pas toujours une place de choix à son épouse. C’est souvent sa mère qui est assise à côté de lui, quant à son épouse, elle est accroupie en format miniature au pied de l’imposant maître des lieux et étreint humblement son genou.

Celui qui disposait de moyens financiers nécessaires pour se construire un tombeau choisissait ceux qui lui tiendraient compagnie, car il pouvait aussi dénier voire effacer ultérieurement sa place à son épouse.

La preuve?

La statue du seigneur Sennefer, « sous-intendant du palais » dans l’Ancien Empire: il est assis seul , sur un banc trop long pour lui, on ne distingue de la personne qui était manifestement assise à son côté qu’un bras certainement celui de son épouse posé sur son dos.

Il a fait gratter son nom et ôter son portrait du mieux qu’il le pouvait. Sur une statue trouvée à Deir el Bahari , on peut lire ce que les femmes attendaient de la déesse Hathor:  » Le bonheur et un bon époux  »

Les Egyptiens ayant le sens de l’harmonie, du compromis et de la famille, les mariages étaient stables, et puis la plupart des hommes souhaitaient, eux aussi, un foyer, de nombreux enfants et une épouse aimante:

 » Apprécie la valeur de ta femme « , dit Ani le moraliste

 » la joie règne quand ta main est unie à la sienne ! »

De nombreuses statues et peintures ont fixé cet idéal: La femme debout, pieds joints, serrée contre son mari en marche.

Il symbolise l’activité et l’énergie, elle, le calme et la sécurité Souvent elle lui entoure les épaules d’un geste tendre et discret; lui ne l’étreint jamais, mais parfois il lui tient la main .

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