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Une écriture sacrée

Pour la plupart des Égyptiens, l’écriture était un mystère. Moins d’un pour cent de la population – scribes, prêtres et quelques aristocrates – savait lire et écrire et utilisait son savoir comme outil de pouvoir.

Au contraire de l’égyptien parlé qui perdura largement jusqu’au Moyen Âge (il ne s’effaça que lorsque le copte, sa dernière variante, fut supplanté par l’arabe), l’égyptien écrit disparut avec la décadence de l’Égypte ancienne. Les inscriptions sur les tombes et les temples perdirent leur sens dès lors que plus personne ne savait les lire.

Cette situation dura jusqu’en 1821, lorsque le Français Jean­ François Champollion étudia un fragment de tablette présentant un même décret rédigé en trois types d’écriture: hiéroglyphique, démotique et grecque. La pierre de Rosette, rapportée à Lohieroglyphesndres par l’armée britannique, permit à Champollion de classer les symboles et d’en décrypter le sens.

À l’origine, l’égyptien s’écrivait en idéogrammes représentations figuratives d’un objet ou d’une idée. Décorant temples et tombes, les hiéroglyphes (en grec, « mots sacrés ») étaient finement gravés et apparemment assez simples- une image de chouette signifie tout simplement «chouette». Puis l’écriture devint de plus en plus sophistiquée. Les hiéroglyphes représentèrent bientôt des sons – devenant des phonogrammes- symbolisant des sonorités simples ou combinées (la chouette était ainsi l’équivalent du son « m »,la maison représentait le son «pr»).

Les hiéroglyphes évoluèrent au cours des siècles. Ainsi, l’idéogramme représentant un rasoir changea de forme, suivant l’évolution de l’instrument lui­ même. L’écriture hiéroglyphique pouvait se lire de gauche à droite, de droite à gauche, de haut en bas ou, parfois, à partir du centre. Certains symboles indiquaient le sens de lecture. Si un idéogramme à visage, par exemple un oiseau, regardait vers la gauche, on devait lire le texte de gauche à droite ; s’il était tourné vers la droite, il fallait lire de droite à gauche. Le système hiéroglyphique était plutôt réservé aux textes d’une certaine solennité mais, vers 2600 avant notre ère, une écriture simplifiée s’instaura, à usage quotidien. Cette écriture hiératique était une version plus cursive des hiéroglyphes qui permettait aux scribes de présenter leurs compte rendus sans passer par les interprétations complexes des hiéroglyphes. L’écriture démotique, désignée par les égyptiens sous le terme sekh shat («écriture pour documents »), remplaça l’écriture hiératique au 6eme siècle avant j.-C. et aurait pu continuer d’évoluer en écriture nationale sans la rigidité formaliste des dernières dynasties et l’effondrement de l’Empire égyptien.

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