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Stele du Majordome Iatib

Rappelons qu’il y a deux sortes de stèles : la stèle civile (stèle commémorative , stèle frontière), et la stèle religieuse, laquelle revêt deux formes :

  1.   celle de la stèle fausse-porte, de caractère purement architectural et funéraire , et qui était destinée à permettre on Ka de passer d’un monde dans l’autre
  2.   celle de la stèle votive, tantôt consacrée à un dieu, et tantôt purement funéraire.

La forme et la disposition de cette dernière tendent à rappeler la tombe et ses deux parties essentielles : la chapelle et le caveau, ce dernier évoqué par les symboles de la partie supérieure : les chacals qui guident le mort dans l’au-delà, les deux yeux d’Horus, le soleil et la lune, qui sont en même temps les yeux dont se servira le mort pour jeter de l’intérieur de sa tombe des regards sur le monde des vivants, l’anneau  » shenou », qui symbolise sans doute l’aire limitée dans laquelle le défunt doit mener éternellement sa monotone existence. Les registres du bas, qui correspondent à la partie accessible de la tombe, sont consacrés à la scène de l’offrande. Cette volonté d’évocation de la tombe par la stèle est si réelle au Nouvel Empire que, parfois, les stèles sont surmontées d’une sorte de fronton angulaire, destiné à rappeler la pyramide qui surmontait la chapelle les tombes thébaines.

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Le principal intérêt de la stèle du Majordome latib est qu’elle représente le type le plus courant de la stèle funéraire  » de famille  » du Moyen-Empire, où le défunt se faisait représenter accompagné de tous les siens. Ces stèles étaient, le plus souvent, destinées à être pincées à Abydos, près de l’« escalier » du grand dieu Osiris, afin que le mort et les siens pussent tous bénéficier du surplus des innombrables offrandes déposées pour le dieu, une fois que celui-ci était rassasié. Voici la traduction de la formule (ou proscynème), gravée entre les registres supérieur et inférieur de lu stèle, formule dont la récitation accompagnait la présentation de l’offrande au mort :
Offrande que donne le roi à Osiris, Dieu Grand, Seigneur d’Abydos, à Oupouaout, Seigneur de la Nécropole, afin qu’ils donnent l’offrande funéraire de pain, de bière, de bétail, de volailles, d’étoffes, de parfums, d’encens, d’huiles, toutes choses bonnes et pures que donne le ciel, que crée la terre, qu’apporte le Nil, dont vit un dieu, un doux souffle de vie pour le Ka du Majordome Iatib, juste de voix, né de la maîtresse de maison, Kheretib, juste de yoix.

 

Caractéristique:

  • Moyen-Empire
  • calcaire peint
  • hauteur. 58cm

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