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Lettre de M. Champollion à Gizéh

<p style= »text-align: justify; »>Le 31 juillet 1828, Jean-François CHAMPOLLION, le père de l’égyptologie française, part pour une expédition scientifique en Egypte, afin d’appliquer aux monuments la méthode de déchiffrement des hiéroglyphes, trente ans après la campagne d’Egypte où NAPOLÉON avait emmené avec lui de nombreux savants. CHAMPOLLION y restera jusqu’en décembre 1829, où il rentrera en France pour se faire soigner de la tuberculose attrapée durant son voyage.

Les lettres reproduites sur Egyptologue.fr, initialement publiée dans la revue Le Globe, ont été publié par son oncle en 1833, puis par son fils en 1867, sous le titre de « Lettres écrites d’Egypte et de Nubie en 1828 et 1829 ». Elles appartiennent aujourd’hui au domaine public.

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Lettres écrites d’Egypte et de Nubie en 1828 et 1829

Lettre cinquième

 GIZEH.

 

Au pied des pyramides de Gizéh, le 8 octobre 1828.

J’ai transporté mon camp et mes pénates à l’ombre des grandes pyramides, depuis hier que, quittant Sakkarah pour visiter l’une des

merveilles du monde, sept chameaux et vingt ânes ont transporté nous et nos bagages à travers le désert qui sépare les pyramides

méridionales de celles de Gizéh, les plus célèbres de toutes, et qu’il me fallait voir enfin avant de partir pour la Haute-Égypte. Ces merveilles ont besoin d’être étudiées de près pour être bien appréciées ; elles semblent diminuer de hauteur à mesure qu’on en approche, et ce n’est qu’en touchant les blocs de pierre dont elles sont formées qu’on a une idée juste de leur masse et de leur immensité. Il y a peu 
à faire ici (1), et lorsqu’on aura copié des scènes de la vie domestique, sculptées dans un tombeau voisin de la deuxième pyramide, je regagnerai nos embarcations, qui viendront nous prendre à Gizéh, et nous cinglerons à force de voiles pour la Haute-Égypte, mon véritable quartier-général. Thèbes est là, et on y arrive toujours trop tard. 

Sauf un peu de fatigue de la journée d’hier, nous nous portons fort bien. Mais point encore de nouvelles d’Europe !…. Adieu.

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Note :

(1) : En effet, il n’y a pas de hiéroglyphes à l’intérieur des pyramides du plateau de Guizeh, contrairement aux tombeaux voisins, ce qui fait dire à l’un de ses compagnons, M. Lenormant (dont nous avons également reproduit le récit) : Tous ces monuments sont, à n’en pas douter aujourd’hui, antérieurs à l’usage de l’écriture dans les monuments : les longs corridors, les salles multipliées dont ils sont remplis n’en portent aucune trace. Des sarcophages ont été trouvé depuis, très différents de ceux trouvés dans les tombeaux, puisqu’il s’agit de sarcophages de granit, sans momie ni squelette à l’intérieur. Celui de Khéphren est de forme rectangulaire, celui de Kheops n’a plus de couvercle et celui de Mykérinos, qui devait être sculpté, a disparu en mer, sur le chemin de l’Angleterre. A la fin de la Ve dynastie, le pharaon Ounas (-2353 à -2323), se fait construire une pyramide recouverte d’inscriptions (les premiers Textes des pyramides). Ses successeurs l’imiteront.

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