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Sethi 1er et la déesse Hathor

Ce grand bas-relief est un des monuments les plus rares et les pins beaux que possède notre département égyptien. Sethi, debout devant Hathor, reçoit d’elle, dans la main gauche, le collier menat qui lui transmettra le fluide magique de protection, tandis que sa main droite est serrée par celle de la déesse, afin de fermer le circuit, condition essentielle à la réussi te de l’opération.

 

La beauté des corps qui apparaît sous la transparence des étoffes, les expressions douces et graves, confiantes et affectueuses des physionomies, fout de ce morceau un chef d’œuvre hors de pair. Les couleurs ont gardé un éclat incomparable.

bas-relief-sethi1er

 

Il est à remarquer que sur cette représentation les chairs de la déesse Hathor sont peintes en rouge, couleur réservée à la chair des hommes; la chair des femmes est d’habitude jaune pâle. Ce règne de Sethi 1er marque l’époque où le bas-relief produisit des œuvres exceptionnelles par la grâce et l’élégance des formes : il n’est qu’à se reporter, pour en être convaincu, aux reliefs qui décorent le temple de ce même roi à Abydos.
Hathor est une des plus gracieuses figures de la mythologie égyptienne. Il n’en avait pas toujours été ainsi. Du temps qu’elle était une déesse du ciel, fille de Rê, ce dernier qui voulait punir les humains de leur ingratitude, chargea de sa vengeance Hathor qui en fit un massacre épouvantable.

hathor-sethi

 

Rê, craignant qu’elle ne laissât pas un seul homme vivant, fit répandre sur le sol 7.000 cruches d’une boisson fermentée colorée en rouge. Hathor, croyant, boire le sang des hommes, sans gava jusqu’à l’ivresse et cessa de tuer. C’est ainsi que fut sauvée la race humaine. Plus tard, rien n’apparaît plus que d’aimable et de gracieux dans la conception du rôle d’Hathor.

 

Nourrice divine, déesse de l’Occident, chargée d’accueillir le mort, jouant aussi un rôle de fée, elle devient surtout à la basse époque la déesse de l’amour, de la musique, de la joie, qu’on célèbre au milieu des danses et des chants. Elle est figurée tantôt sous la forme entière de la vache, tantôt sous l’aspect complètement humain, portant sur sa tête une coiffure dominée par deux cornes lyriformes enserrant un disque solaire.

 

Musée du Louvre:

  • Département des Antiquités égyptiennes : Nouvel Empire (vers 1550 – vers 1069 av. J.-C.)
  • calcaire peint
  • H. : 2,26 m. ; L. : 1,05 m.

Aile Sully
1er étage
Le Nouvel Empire
Salle 27
Vitrine 1

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