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L’époque prédynastique

Le prédynastique primitif

La première, le prédynastique primitif (du milieu du 6e au milieu du 5e millénaire) voit le dernière de l’évolution Fayoumique A dans le nord et du Badarien dans le sud.

Les différences restent ce qu’elles étaient, principalement dans la poterie en pierre et dans les armes et outils de silex, peux être plus élaboré au nord et proche des industries attesté à la fin de l’ancien empire dans les oasis du dessert de Libye, comme le magnifique couteau à fine retouche découvert par G. Caton Thompson, qui ne sont pas sans rappeler ceux du site de Balat à Dakhla.

Mais, là encore, il convient de rester mesuré : la production Badarienne en particulier celle des pointes de flèches n’est pas moins évolué. La différence repose plus sur la proportion relative des activités de la chasse et de la pêche dans chacun des 2 groupes : les populations du Fayoum, comme celle des oasis plus tard, faisant sans doute une part plus grande aux compléments alimentaires apportés par celle-ci.

Quoi qu’il en soit, à côté d’amélioration prévisible du mobilier et du matériel agricole, il faut noter une évolution sensible des pratiques funéraires, qui combinent elles aussi, ses 2 aspectes culturels.

Si le défunt est enterré à l’abri d’une peau animale, sa tombe prend un aspect de plus en plus architectural. Des formes plastiques naissent également qui sont appelées à devenir un long devenir dans la civilisation égyptienne:

Les céramiques à bord noir atteignent un stade très achevé, surtout apparaissent des objets d’os et d’ivoire : peignes, cuillères à fard, figurines féminines aux caractères sexuels accentués qui préfigurent les « concubines »destinées à régénérés la puissance sexuelle des morts.

Des bijoux et amulettes à figures humaines ou animales certaines dans ce qu’on appelle la « faïence égyptienne ».

Le prédynastique ancien

Le passage au prédynastique ancien s’effectue aux alentours de 4500 av notre ère sans qu’on puisse noter de modification profonde. On peut même dire que cette coupure est arbitraire dans la mesure où elles correspondent simplement à la première phase connues du site d’El-Amra( à environ 120 km au sud de Badari, en plein cœur de cette zone qui,  d’Assiout à Gebelein, recèle les gisements prédynastiques les plus riches).

Cette phase a pour correspondant, 150Km encore plus au sud la première occupation du site de Nagada ; mais elle se retrouve également dans toute la boucle du Nil entre le Gebel el-Arak et Gebelein.

La céramique connait une double évolution : dans le décor d’abord, avec l’apparition des motifs géométrique tirés du règne végétal et animal peint ou incisés, et aussi sous la forme, essentiellement avec des vases thériomorphes.

L’art de la céramique atteint déjà des sommets, comme en témoigne « les danseuses » aux bras levés en terre cuite peinte, dont le plus bel exemple est conservés au musée de Brooklyn : Il n’est pas sans évoquer, par le fuselé du corps, les « femmes violons » des Cyclades.

La vallée s’ouvre sur l’extérieur par nécessité, car elle ne possède que des très peu de matière première. Les métaux comme le cuivre sont localisé un peu en Nubie, au sud du Ouadi Allaqi et essentiellement à proximité de la mer rouge : dans le  Sinaï et la chaine arabique, ou l’on trouve également du plomb, de l’étain, de la galène et un peu d’or, qui se rencontre aussi à proximité de la première cataracte.

La Nubie a, elle, de tout temps été le principal fournisseur d’or de l’Egypte, plus tard aussi d’un peu de fer, venue du lointain royaume de Méroé, l’un des rares producteurs de se minerais avec l’oasis de Baharya.

Les pierres précieuses sont localisé du Sinaï pour la turquoise et la malachite, entre l’ouadi Gâsus et la Ouadi el-Qash dans la chaine arabique pour le jaspe, les rivages méridionaux de la mer rouge pour l’émeraude et la région d’Assouan pour l’Améthyste.

Les pierres tendres comme le calcaire sont assez répandu : ils se trouvent à l’état d’affleurement sur le plateau lybique.

Dans la vallée, il est localisé, du nord au sud, à Toura, qui sera l’une des carrières les plus exploitées de l’ancien empire à nos jours, à Beni Hassan et dans la région d’Amarna en moyen Egypte, à Abydos et à Gebelein, en haute Egypte.

L’albâtre se trouve, sous forme de calcite, un peu à proximité de Memphis, au Ouadi El-Garaoui, surtout à Hatnoub en moyenne Egypte et, sous forme de gypse, dans le Fayoum.

Les grés apparait au sud d’Esna, et les principaux sites d’extractions en sont le  Gebel el-Silsile et Kertassi en basse Nubie.

Les pierres dures, fort en honneur dès la préhistoire sont disséminées. On trouve du Basalte au nord et de la Dolérite dans le Fayoum ; dans la chaine arabique de la dolérite encore, du Prophyre et du Granite ; dans la zone de la première cataracte enfin du Quartzite, de la durite, de la stéatite et du Granit.

La seule pierre vraiment répandue un peu partout dans le pays est le silex, dont les gisements suivent les affleurements calcaire dans la vallée et sur le plateau libyque. Toutes les autres sont exploités en carrière, généralement de façon temporaire. Leur localisation dans les régions un peu éloignées des zones cultivées ou frontalières obligent les égyptiens à organiser chaque fois de véritable expédition au cours desquels il doivent assuré le contrôle à la fois des lieux d’extractions et des voies de transite des produits.

Cette contrainte déterminera un des aspects majeurs de la politique extérieurs des pharaons, faite d’abord pour garantir les zones proches de la vallée contre les incursions des peuples étrangers.

Ces apports extérieurs apparaissent dans l’iconographie elle-même : on découvre, par exemple, des personnages barbus que leur aspect apparents aux tribus libyennes ; des produits viennent du grand sud : l’obsidienne et peux être même le cuivre, que l’on a voulu un peu hâtivement localisé uniquement dans le Sinaï.

Ces signes, que l’on voit se multiplier jusqu’à l’unification finales des deux royaumes témoignent de la vigueur des échanges qui existent déjà, tant avec le sud et l’on doit bien supposer que lors des liaisons caravanières se mettent en place qu’avec l’ouest, la aussi probablement déjà par les oasis, et l’est, via le Sinaï et la bande de côtière.

Des échanges s’effectuent de la même manière entre les 2 groupes culturels du nord et du sud, si du moins on peut interpréter l’apparition d’une vaisselle de pierre à El-Amra comme un emprunt du nord.

Plus intéressant encore est l’apparition des formes architecturales historiques : des « modèles » c’est-à-dire des sortes de maquettes que le défunt emportaient avec lui dans l’au-delà, on révèle l’existence de maisons et d’enceintes de briques du même type que celle connue à l’époque préthinite.

C’est dire que le concept de la ville égyptienne, l’organisation urbaine, remonte au moins à cette époque.

Le Gerzéen

La découverte de la culture de el-Gerzeh, à quelques kilomètres de Meidoum, a permis de déterminée de la troisième période, le gerzéen qui correspond la seconde phase de la Narada.

La différence entre ses deux groupes sont suffisamment tranchés pour que l’on puisse mesurer l’influence que prend progressivement le nord sur le sud, jusqu’à produire une culture mixte, le prédynastique récent (nagada 3), qui précède immédiatement l’unification du pays et dur, en gros, 3siecles de 3500 à 3150 avant notre ère.

L’amratien et le gerzeen diffèrent entre eux surtout par leur production céramique. Les pattes ne sont pas les mêmes, mais cela tiens plus au lieu qu’a une évolution technique.

Surtout, le gerzeen développent d’une façon extraordinaire les motifs stylisés : géométrisant pour reproduire des thèmes végétaux et naturalistes pour représenter la faune et certains traits de civilisations. La faune n’apporte guère de surprise : autruche, bouquetins et cervidés confirment un environnement de chasse sud désertique. En revanche, ces poteries s’animent de personnages et de barques transportant des emblèmes manifestement divins.

Se sont peux être les précurseurs des étendards qui serviront à caractériser les provinces quelques siècles plus tard. Ces scènes, relatées sous forme de pictogrammes, sont-elles emblématique ou historiques ?

Il parait d’autant plus difficile de répondre à la question d’un matériel votif, provenant pour la plus grande partie d’un contexte funéraire. Mais, il n’est pas indifférent que ses figurations viennent s’ajouter à d’autres types, attestés dès le badarien : les palettes taillées dans le schiste et utilisé pour broyer le fard, qui accompagnent fréquemment le défunt et vont, elles aussi prendre rapidement une valeur historique. Par comparaisons avec la civilisation pharaonique, la culture gerzenne a déjà atteint un degré d’élaboration très achevées, surtout dans le domaine funéraire et religieux.

Les tombes sont devenues de véritables répliques des demeures terrestres et comportent parfois plusieurs pièces abondamment meublés. On remarque également des amulettes, des figurines d’apparats décorés de thèmes représentant des animaux, lions, taureaux et bovidés, hippopotames, faucons etc., dont on sait qu’ils ont de très bonnes heures représentées de divinités.

Il y a biensur, toujours une grande part d’incertitude dans ses reconstitutions à partir d’éléments épars, on y tient bien souvent pas compte, en particulier, de ceux qui n’ont pas de postérités, mais l’on voit peu à peu s’imposer sous l’influence gerzeen les principaux éléments constitutif de la civilisation unifiés qui va suivre.

Les données fournies par l’archéologie montre que le passage à l’histoire est le résultat d’une évolution lente et n’ont pas comme on l’a souvent cru d’une évolution brutal qui aurait apportés dans le même temps de nouvelles technologies, essentiellement la métallurgie et les structures de la sociétés : en l’espèce, l’organisation en cité agricole, la brique et l’écriture autant d’élément que l’on rapportent communément à la Mésopotamie, uniquement parcequ ’il y sont attestés aux mêmes époques et qu’il parait plus simple d’attribué une origine commune au « modes de productions asiatique ». la présence en Egypte de cylindre mésopotamien de l’époque de  Jemdet Nasr (milieu du 4e millénaire) n’indique rien de plus, comme le note J Vercoutter, que ses rapports commerciaux attestés également avec la syro Palestine, la Libye et le sud. Des témoignages isolés ne peuvent non plus à  suffire à prouver une pareil invasion.

Le couteau trouvé en gebel el-arak et aujourd’hui conservé au Louvres présente, certes, un décor mésopotamien, mais il est le seul dans la série bien documentée des ivoires figurés, même si le thème se trouve dans la « tombe décorée » de Hiérakonpolis, traités dans un style moins typés.

Couteau du Gebel el-Arak, exposé au Louvre.

Un document comme le pion de jeux d’époque thinite trouvé à Abou Roach et figurant une maison aux bâtiments couvert d’un toit à double pente prévu donc pour permettre l’écoulement de l’eau de pluie que l’on évoque souvent pour témoigner de l’influence mésopotamienne, n’est guère plus pertinent.

Outre le fait qu’il puisse s’agir d’un objet importé, aussi exotique qu’un cylindre, il ne faut pas oublier que l’Egypte connaissait également des précipitations importantes…

Les égyptiens n’ont pas eu besoin de chercher si loin, l’art de la brique qu’ils ont découvert apparemment eux aussi au 5e millénaire : on peut avancer, sans pour autant cédé à un déterminisme géographique exagéré, que l’argile et le matériaux le plus aisément à la disposition de l’Homme, tant qu’en Mésopotamie que dans la vallée du Nil ou les oasis occidentales. Et si la pierre n’est utilisée que plus tard c’est moins à cause de l’évolution des techniques du métal auquel les carrières avaient moins souvent recours que l’on pourrait le supposer.

Que parcequ ’elle demande une organisation et des moyens plus à la mesure des pharaons que des dynastes locaux des derniers temples de la préhistoire

Sources

Midant-Reynes 1984, MIDANT-REYNES B., La taille des couteaux de silex du type Gebel-el-Arak et la dénomination du silex en égyptien, in : Origin and early development of food-producing cultures in north-eastern Africa, Krzyzaniak L., Kobusiewicz M. (Dir.), Poznan, Archaeological Museum – Polish Academy of Sciences, 1984, p. 261-264 (Proceedings of the international Symposium, Poznan, september 1980).
 
Midant-Reynes 1992, MIDANT-REYNES B., Préhistoire de l’Egypte : des premiers hommes aux premiers pharaons, Paris, Armand Colin, 1992, 288 p.
 
Petrie 1920, PETRIE W.M.F., Prehistoric Egypt, London, British School of Archaeology in Egypt, 1920, 54 p., 53 pl. h.-t. (Publications of the British School of Archaeology in Egypt and Egyptian Research Account ; 31).
 
Quibell & Green 1902, QUIBELL J.E., GREEN F.W., Hierakonpolis II, London, Bernard Quaritch, 1902, 57 p., 79 pl. h.-t. (Memoirs of the Egyptian Research Account ; 5).
 
Hochstrasser-Petit 2005, HOCHSTRASSER-PETIT C., La vannerie à l’époque prédynastique. des nattes et des paniers pour les vivants et les morts : l’exemple d’Adaïma, Archéo-Nil, Paris, 15, 2005, p. 49-66.
 
Friedman et al. 2002, FRIEDMAN R.F., WALTRALL E., JONES J., FAHMY A.G., VAN NEER W., LINSEELE V., Excavations at Hierakonpolis, Archéo-Nil, Paris, 12, 2002, p. 55-68.
 
Buchez 1998, BUCHEZ N., Le mobilier céramique et les offrandes à caractère alimentaire au sein des dépôts funéraires prédynastiques éléments de réflexion à partir de l’exemple d’Adaïma, Archéo-Nil, Paris, 8, 1998, p. 83-103.
 
Bénédite 1916, BÉNÉDITE G., Le couteau de Gebel el Arak : étude sur un nouvel objet préhistorique acquis par le musée du Louvre, Monuments et mémoires [MonPiot], Paris, 22, 1916, p. 1-34.
 
Albert et al. 2000, ALBERT J.-P., CRUBÉZY E., MIDANT-REYNES B., L’archéologie du sacrifice humain : problèmes et hypothèses, Archéo-Nil, Paris, 7, 2000, p. 11 – .

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